20/02/2004

Justine, le forfait qui fait mal!

 

Le n°1 mondial s'est retiré le matin même de son entrée en lice

ANVERS Elle a eu beau prévenir dès lundi qu'elle ne s'alignerait qu'en pleine possession de ses moyens, la nouvelle a tout de mê- me fait son petit effet, hier, dans la matinée!

Justine Henin-Hardenne, n°1 mondial, a effectivement attendu le tout dernier moment pour déclarer forfait pour le tournoi d'Anvers, où elle était attendue le soir même sur le court afin de se mesurer à la Tchèque Denisa Chladkova (WTA 56). «Le dernier contrôle médical auquel je me suis soumise mercredi soir s'est révélé négatif dans le sens où le médecin m'a prévenue du danger qu'une participation représentait au niveau de la récupération », expliqua ainsi la Wépionnaise, en proie à une laryngite depuis dix jours et sous antibiotique jusqu'à dimanche passé. «Ce jeudi matin, j'ai donc pris la décision de renoncer étant donné que ce n'est pas dans ma philosophie de me présenter diminuée sur le court. Quand je participe à un tournoi, c'est pour aller au bout. Or il me paraît évident que c'est impossible. Je suis désolée pour l'organisation, qui comptait beaucoup sur moi, et pour les fans qui avaient réservé leur place mais pour ne pas mettre la suite de ma saison en danger, je dois privilégier ma santé et mon avenir. C'est ma saison qui est en jeu. Je suis persuadée que c'est la meilleure chose à faire

Les leçons de Roland-Garros

Même si son état s'améliorait au fil des jours, Justine Henin, bronches encombrées mais voix claire et bon teint, avouait avoir toujours beaucoup de mal à respirer. Dans son esprit, la décision coulait dès lors de source... depuis jeudi matin. «Je l'ai repoussée jusqu'au dernier moment parce que le tournoi se déroule en Belgique, que beaucoup de supporters venaient m'encourager et que j'aime le contact avec le public, mais je suis désormais en paix avec moi-même, poursuit-elle sans le moindre sentiment de culpabilité. J'ai encore par moments des coups de fatigue pendant la journée. Cette situation m'aurait fortement handicapée. Pour être tout à fait claire, j'ajouterais que je ne voulais pas commettre la même erreur qu'à Roland-Garros voici deux ans où on m'a reproché de m'être alignée alors que j'étais insuffisamment rétablie du même genre de maladie. C'est une question de professionnalisme. En ce sens, la décision que je viens de prendre reflète aussi l'expérience que j'ai acquise en deux ans...»

Dubaï en question

C'est donc soulagée du poids de cette décision que l'Ardennaise est rentrée dans ses pénates, son prochain tournoi devant être celui de Dubaï, où elle est censée défendre son titre à partir de lundi. «Mais là encore, rien n'est décidé. Tout dépendra de l'évolution de mon état de santé et de la manière dont je vais récupérer », prévient-elle aussitôt.

On n'est jamais trop prudent. En attendant, ce nouveau forfait a laissé le tournoi orphelin d'une de ses principales attractions...
 
 

«C'est une catastrophe!»
Bob Verbeeck a été prévenu du forfait par la WTA

ANVERS Par décence, il s'est contenté d'un «très déçu» au moment de mettre des mots sur son état d'esprit du moment. On le serait à moins à sa place. Bob Verbeeck, le directeur du tournoi anversois, était dans ses petits souliers lorsqu'il s'est étendu, hier peu avant midi, sur les circonstances du forfait de Justine Henin-Hardenne.

«Mercredi matin, elle s'est entraînée près de deux heures, après quoi elle est allée au massage avec le physiothérapeute, prenant ensuite la direction de Bruxelles, où une séance de dédicaces était prévue au siège de l'un de ses sponsors. Elle n'a pas dormi à l'hôtel dans la nuit de mercredi à jeudi, explique-t-il. Quant à moi, j'ai reçu un appel de la WTA à 9h15 ce jeudi matin m'annonçant le forfait de Justine. Ni elle ni son entourage ne m'ont prévenu directement de la nouvelle. Mon point de vue? La meilleure communication est une communication directe. Mais je n'attends plus rien d'eux maintenant, je verrai bien ce qui vient...»

Pris une nouvelle fois de court, Bob Verbeeck a heureusement pu compter sur la compréhension des autres joueuses qui ont modifié leurs horaires pour que le program- me proposé hier soir ait un minimum d'allure.

Mais en l'absence du n°1 mondial et étant donné l'annonce tardive du forfait, le public n'y trouva d'évidence pas son compte. «C'est clair que beaucoup de gens ont dû être déçus, les fans de Justine en premier lieu, mais tout ce que nous pouvions faire, c'était rembourser les mécontents qui se sont présentés à la caisse avec un ticket du mercredi ou du jeudi non utilisé, poursuit la cheville ouvrière du tournoi. Je trouve cela normal. Par ailleurs, je suis bien conscient que le tableau actuel n'a plus grand-chose à voir avec son aspect d'origine. Mais les forfaits, ce sont les aléas d'un tournoi, et je ne peux rien y faire. C'est pourquoi je demande un minimum de compréhension envers tous les gens de l'organisation qui travaillent dur depuis plusieurs mois.»

Le directeur du tournoi, ceci dit, ne veut pas juger la raison du forfait et trouve même qu'il s'agit d'une décision courageuse: «Justine avait déjà été très claire lundi en disant qu'elle ne s'alignerait qu'à 100% de ses possibilités. Dès lors, on ne peut lui faire le reproche de retourner sa veste au dernier moment. Et je pense que peu de sportifs de haut niveau auraient osé prendre une telle décision, et cela mérite le respect. Moi, en tant qu'ancien athlète, je sais qu'à mon époque, dans des circonstances similaires, j'aurais sans doute pris part à ma course. Mais chacun est libre de décider pour soi, en toute connaissance de cause.»

Et Bob Verbeeck, qui vient sans doute de vivre sa pire expérience en matière d'organisation, de souhaiter, à mots couverts, que le tournoi s'achève...

 

Laurent Monbaillu

© Les Sports 2004

source: www.dhnet.be


19:50 Écrit par Nathalie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les commentaires sont fermés.